Santé animale

Santé animale et changement de saison : bons réflexes à adopter

Par Maxime
6 minutes

Préparer son animal aux changements de saison : pourquoi est-ce important ?

Chaud, froid, humidité, variations de lumière ... Pour nos chiens, chats, mais aussi petits mammifères ou oiseaux, chaque passage d’une saison à l’autre représente un véritable défi physiologique. Si l’humain adapte ses habitudes (vêtements, alimentation, activité), nos compagnons dépendent totalement de notre vigilance pour traverser ces périodes sans encombre.
Les changements de saison peuvent impacter la santé de façon insidieuse : poil, peau, immunité, rythme biologique… Adopter les bons réflexes saisonniers, c’est offrir à son animal une meilleure qualité de vie tout au long de l’année.


Les transitions de saison : quels impacts sur la santé animale ?

La mue et le renouvellement du pelage

Avec les variations de température et de luminosité, le poil de nos animaux réagit naturellement. Le phénomène de mue, particulièrement marqué au printemps et à l’automne, s’accompagne d’une perte abondante de fourrure chez chats, chiens, lapins ou cobayes.
Ce renouvellement est normal, mais il peut être source de désagréments : formation de nœuds, excès de poils avalés (boules de poils chez le chat), risque de surchauffe ou de coup de froid temporaire. Un toilettage régulier devient alors essentiel.


Baisse de l’immunité et petits maux saisonniers

À chaque changement de saison, le corps de l’animal doit s’adapter. Ce « stress environnemental » peut temporairement affaiblir ses défenses : rhumes du chat, toux chez le chien, réveil d’allergies ou de parasites, baisse du tonus chez les plus fragiles… Chiots, chatons, seniors, animaux immunodéprimés ou atteints de maladies chroniques sont les plus sensibles, mais aucun n’est vraiment épargné.


Rythme biologique et comportement

La durée d’exposition à la lumière (photopériode) influence de nombreux aspects chez l’animal : périodes de chaleur chez certaines espèces, cycles de sommeil, niveau d’activité, appétit… En hiver, l’apathie ou la prise de poids sont fréquentes ; au printemps, l’agitation ou le marquage peuvent s’accentuer. Comprendre ces rythmes permet d’ajuster ses attentes et son mode de vie.


Bons réflexes à adopter à l’automne et en hiver

Protéger du froid sans surprotéger

Les courtes journées et la baisse des températures mettent l’organisme à l’épreuve.
Pour les chiens de petite taille, à poil ras, âgés ou fragiles, investir dans un manteau peut limiter le risque d’hypothermie ou de contractures musculaires lors des promenades. Prévoyez aussi une couverture épaisse dans le panier et placez-le loin des courants d’air.

  • Pensez à sécher votre animal au retour d’une balade pluvieuse.
  • Vérifiez régulièrement les coussinets : le sel, la neige et l’humidité les fragilisent, rendant les crevasses fréquentes.
  • Adaptez la durée des promenades aux températures extrêmes : mieux vaut plusieurs sorties courtes que de longues heures rencontrant froid et verglas.

Soutenir le système immunitaire

L’organisme lutte plus durement contre les infections quand il fait froid. En prévention :

  • Maintenez à jour les vaccins, y compris « vaccins hivernaux » (toux du chenil chez les chiens, coryza chez les chats sortant…).
  • Veillez à une alimentation riche et équilibrée, voire complétez (sous avis vétérinaire) les animaux affaiblis en vitamine C, oméga 3 ou probiotiques.
  • Prévenez l’ennui et le stress liés à une moindre activité physique en multipliant les jeux d’intérieur, tapis de fouille, nouveaux jouets…

Adapter les soins de base et la surveillance

Les parasites externes (puces, tiques) sont moins nombreux en hiver, mais il faut poursuivre la prévention selon votre région (sud ou animaux voyageant). Surveillez tout signe d’abattement, de toux, de boiterie ou des troubles alimentaires : ils peuvent signaler un problème lié au froid ou à l’humidité. Chez les NAC, vérifiez l’isolation de la cage ou du clapier, évitez toute condensation et privilégiez une litière sèche, changée fréquemment.


Réagir au printemps et à l’été : prévenir l’excès de chaleur et les parasites

Favoriser la transition du pelage

À la sortie de l’hiver, poils morts et sous-poil s’accumulent vite. Un brossage quotidien (peigne adapté à chaque espèce) limite la formation de bourres et favorise un renouvellement sain de la fourrure. Chez le chat, cela réduit le risque d’ingestion massive de poils lors de la toilette.


Attention aux parasites et allergies saisonnières

La hausse des températures rime avec le retour en force des puces, tiques, moustiques et phlébotomes (vecteurs de la leishmaniose). Pensez à :

  • Reprendre très tôt vos traitements antiparasitaires (colliers, pipettes, sprays... sur avis vétérinaire).
  • Contrôler le pelage après chaque sortie en forêt ou dans les hautes herbes : inspection des pattes, des oreilles, de l’aine.
  • S’assurer que l’environnement (panier, coussins, tapis) est propre et traité.

Le printemps favorise aussi l’apparition de réactions allergiques (rhinite, grattage, plaques rouges chez le chien). Consultez rapidement si un prurit persistant ou des troubles respiratoires apparaissent.


Gérer les risques de coup de chaleur l’été

Nos animaux ne régulent pas leur température comme les humains. Chiens et chats transpirent très peu : ils halètent. Les NAC et les oiseaux y sont encore plus sensibles. En période de canicule, il est vital de :

  • Laisser toujours de l’eau fraîche, renouvelée plusieurs fois par jour.
  • Prévoir un espace d’ombre, ventilé ou climatisé si possible.
  • Limiter les sorties aux heures fraîches (tôt matin, tard soir).
  • Ne jamais laisser un animal enfermé dans une voiture, même quelques minutes.

N’oubliez pas que certaines races (au nez plat/« brachycéphales ») sont particulièrement à risque. Chez ces animaux, vigilance et anticipation sont de mise.


Nutrition : ajuster l’alimentation au rythme saisonnier

En hiver : soutenir l’organisme et l’appétit

L’activité physique diminue souvent en hiver, tout comme la dépense énergétique. Toutefois, pour certains animaux exposés au froid (chiens de travail, vivant en extérieur ou grosses races), un apport calorique légèrement augmenté (sous forme de bonnes graisses) peut s’imposer. À l’inverse, les animaux très sédentaires doivent être surveillés pour éviter le surpoids.


En été : privilégier l’hydratation

La chaleur favorise la déshydratation. Multipliez les points d’eau, proposez éventuellement des aliments humides, type pâtée ou morceaux de melon/pastèque pour les NAC et oiseaux (hors contre-indication). Certains compléments (bouillons non salés, glaçons au bouillon) sont très appréciés des chiens.


Environnement : adapter le cadre de vie

  • En automne et hiver, augmentez la fréquence du ménage pour limiter la poussière et la stagnation d’humidité, préjudiciables aux voies respiratoires fragILES (notamment chez les petits rongeurs).
  • L’été, aérez la maison tôt matin et tard soir, fermez les volets aux heures chaudes, installez un ventilateur hors de portée des bêtes et jamais dirigé droit sur l’animal.
  • Pour les oiseaux, placez les cages à l’abri des courants d’air et loin des radiateurs.

Garde, vacances, déménagement : anticiper en douceur les transitions

Les changements de saison riment souvent avec départs en vacances, changement de rythme, voire déménagement. Préparez vos animaux :
- Mettez à jour vaccins et traitements
- Munissez-vous d’un kit d’urgence saisonnier (petite trousse de soins, coordonnées du vétérinaire)
- Prévoyez une période d’acclimatation lors de tout changement d’environnement


FAQ : questions fréquentes sur la gestion saisonnière

  • Dois-je tondre mon animal à chaque été ?
    Non chez la majorité des chiens et chats : leur pelage protège à la fois du froid et du chaud. Une coupe d’entretien ou un brossage régulier suffisent, sauf problèmes vétérinaires avérés.
  • Est-ce utile d’utiliser des compléments alimentaires saisonniers ?
    Oui, parfois : acides gras, levure de bière ou oméga-3 peuvent soutenir le poil en période de mue, mais toujours sur conseil vétérinaire adapté.
  • Faut-il adapter les vaccinations aux saisons ?
    Pour certains agents pathogènes, en effet : toux du chenil, leishmaniose, etc. Demandez un suivi individualisé à votre professionnel de santé animale.
  • Comment repérer un coup de froid ou un coup de chaleur chez mon animal ?
    Abattement, respiration anormale, tremblements, pâleur des muqueuses ou appétit en berne imposent une consultation rapide : en quelques heures, la situation peut empirer.

L’essentiel à retenir pour une santé florissante toute l’année

  1. Redoublez de vigilance et d’observation aux changements de saison : chaque animal a sa propre sensibilité.
  2. Adaptez l’alimentation, le rythme des soins et le cadre de vie au contexte climatique : cela limite l’apparition des soucis saisonniers.
  3. Pensez prévention : antiparasitaires, hygiène du pelage, compléments sur mesure sur avis vétérinaire.
  4. N’hésitez pas à solliciter votre vétérinaire pour tout signe inhabituel ou doute sur le comportement de votre animal.

Le respect du rythme des saisons, c’est aussi le respect du vivant… À chaque étape de l’année, il existe des solutions accessibles pour mieux protéger la santé et le bien-être de nos compagnons. Un peu d’anticipation, beaucoup d’observation et des soins appropriés font la différence sur le long terme !

Articles à lire aussi
animalpedia.fr