Santé animale

Les maladies transmissibles entre animaux : ce qu’il faut savoir

Par Maxime
5 minutes

Comprendre la transmission des maladies entre animaux

La cohabitation entre différents animaux de compagnie – qu'il s'agisse de chiens, chats, NAC (nouveaux animaux de compagnie) ou simplement d'animaux du même groupe – fait partie intégrante de la vie au sein de nombreux foyers. Si cette proximité enrichit notre quotidien, elle s’accompagne aussi d’un risque bien réel : celui de la transmission de maladies infectieuses d’un animal à l’autre. Savoir les repérer, les prévenir et réagir efficacement est essentiel pour préserver la santé de chacun et éviter la propagation éventuelle à l’homme (zoonoses).


Principaux modes de transmission chez les animaux de compagnie

Les maladies dites transmissibles, ou contagieuses, passent d’un animal porteur à un autre par divers moyens. Les mécanismes principaux sont :

  • Transmission directe : contacts rapprochés, léchages, morsures, rapports sexuels ou gestes d’intimidation entre animaux infectés et sains.
  • Transmission indirecte : par l'intermédiaire d’objets contaminés (gamelles, paniers, jouets), du sol ou du matériel d’entretien.
  • Transmission vectorielle : par des parasites (tiques, puces, moustiques) qui jouent un rôle de « passeur » en piquant différents animaux.
  • Transmission aérienne : lors d’éternuements, de toux ou de contacts rapprochés dans un espace clos, certaines maladies respiratoires se diffusent facilement.

Un certain nombre d’agents pathogènes (bactéries, virus, champignons, parasites) sont à l’origine de ces maladies, avec des risques variables selon les espèces en présence.


Les maladies virales contagieuses chez le chien et le chat

Chez le chien : vigilance sur les classiques et les « nouveaux venus »

  • La parvovirose : maladie virale très résistante dans l’environnement, très contagieuse par les selles, elle touche principalement les chiots non vaccinés (diarrhée, vomissements, déshydratation sévère).
  • La maladie de Carré : virus transmissible par contact ou aérosol (toux, larmes). Signes variés : fièvre, troubles respiratoires, digestifs et neurologiques.
  • La toux du chenil : complexe de virus et bactéries (dont Bordetella bronchiseptica et parainfluenza) responsable de toux sèche lors de rassemblements (pensions, expositions, parcs à chiens...).
  • Rage : rare en France grâce à la vaccination et la réglementation, peut réapparaître lors d’introduction d’animaux non conformes à la législation. C’est aussi une zoonose grave.

Chez le chat : risques accrus dans les collectivités et refuges

  • Typhus félin (panleucopénie) : virus très robuste, transmis via selles, urine, objets souillés. Très grave chez le chaton. Symptômes : abattement, vomissements, fièvre.
  • Coryza du chat : ensemble de virus (herpèsvirus, calicivirus) et bactéries, transmis oralement et par aérosol. Provoque éternuements, écoulements oculaires, ulcères buccaux.
  • Leucose féline (FeLV) et FIV (« sida du chat ») : virus transmis par morsure, léchage, partage de gamelle, rapport sexuel. Se traduisent par une immunodéficience progressive.

Parasitoses communicables : bien plus que des démangeaisons

Les parasitoses cutanées

  • Gale et teigne : la gale (acariens) et la teigne (champignon) provoquent des lésions cutanées et se transmettent aisément par contact, même indirect. Attention, certaines formes sont aussi transmissibles à l’humain.
  • Puces, poux, tiques : au-delà des démangeaisons, ces parasites véhiculent des agents pathogènes sérieux (bactéries, protozoaires, par exemple la maladie de Lyme chez le chien ou la bartonellose chez le chat).

Parasites digestifs

  • Vers intestinaux (ascaris, ankylostomes, trichures...) : transmission par ingestion d’œufs dans l’environnement, mais aussi par léchage du pelage contaminé. Risque augmenté chez les jeunes et dans les lieux d’élevage collectif.
  • Giardiose et coccidiose : parasites microscopiques responsables de diarrhées. La contamination se fait par l’eau ou des aliments souillés.

Maladies transmissibles spécifiques aux NAC et rongeurs

Les petits mammifères (lapins, cochons d’Inde, rats, hamsters, furets...) partagent eux aussi des maladies infectieuses contagieuses :

  • Pasteurellose : chez le lapin, bactéries pulmonaires facilement transmissibles par aérosol ou morsure.
  • Teigne et gale : fréquentes chez le cobaye et le lapin, se transmettent aussi à l’homme.
  • Myxomatose : chez le lapin, virus transmis par des insectes (moustiques, puces).
  • Syndromes respiratoires chez les rats : complexes bactériens favorisés par la promiscuité.

Facteurs de risque favorisant la transmission

Plusieurs circonstances majorent considérablement le risque de contraction et de diffusion d'une maladie contagieuse :

  • Vie en collectivité : pension, élevage, salon, refuge, exposition, visite chez l’éleveur ou stage de dressage augmentent la proximité et les contacts entre individus.
  • Stress et immunodépression : fragilisent l’animal et accroissent la réceptivité aux agents infectieux.
  • Âge : les jeunes (chiots, chatons, NAC peu immunisés) et les animaux âgés ou malades sont plus vulnérables.
  • Absence de vaccination ou de traitement antiparasitaire : démunit l’animal contre des pathogènes fréquents dans l’environnement.
  • Hygiène insuffisante : nettoyage trop rare des litières, douches, cages, brosses, gamelles.

Un animal porteur « sain » peut parfois transmettre la maladie sans lui-même montrer de symptômes, d’où l’importance des mesures de prévention collective.


Prévention : les outils-clés pour protéger vos animaux

  • Vacciner systématiquement : contre les maladies courantes de l’espèce (chiens, chats, lapins...), selon le protocole recommandé par le vétérinaire. La vaccination reste la barrière la plus sûre.
  • Dépister avant l’introduction dans le foyer : analyse sanguine, test de dépistage (FIV/FeLV, myxomatose, teigne...).
  • Antiparasitaires réguliers : puces, tiques, vermifuges adaptés à l’espèce et au mode de vie.
  • Hygiène rigoureuse : lavage fréquent des accessoires, désinfection des cages ou litières, évitez le partage de gamelles entre animaux non connus.
  • Respect des quarantaines : tout nouvel arrivant, animal récupéré chez l’éleveur, la fourrière ou un autre propriétaire, doit si possible être isolé 2 à 3 semaines avec surveillance santé quotidienne.
  • Contrôle médical régulier : visites chez le vétérinaire, surveillance des signes cliniques, adaptation des mesures préventives si un cas est confirmé dans la collectivité (fermeture temporaire, désinfection accrue, isolement...).

Transmission à l’homme : les zoonoses à surveiller

Certaines maladies animales sont transmissibles à l’homme : ce sont des zoonoses. Les risques majeurs chez le particulier sont :

  • Teigne et gale : lésions cutanées transmissibles durant la période aigüe de l’infestation.
  • Toxoplasmose : parasitose du chat, grave chez la femme enceinte ou les personnes immunodéprimées.
  • Leptospirose : maladie bactérienne transmise par l’urine de rongeur ou d’animal infecté, parfois vétérinaire ou promeneur de bord de rivière.
  • Rage : transmission exceptionnelle en France, mais grave.

Les gestes barrières sont simples dans la vie quotidienne : se laver les mains après avoir manipulé l’animal ou son environnement, porter des gants pour le nettoyage, éviter d’embrasser des animaux malades ou suspects.


Questions fréquentes sur les maladies transmissibles entre animaux

  • Dois-je séparer un nouvel animal de compagnie dès son arrivée ?
    Il est vivement conseillé d’isoler tout nouvel arrivant, surtout s’il a été en collectivité (refuge, élevage), le temps d’écarter les maladies incubantes.
  • Mon chien peut-il contracter une maladie d’un chat et inversement ?
    Oui, dans certains cas (teigne, parasites intestinaux, gale), d’où l’importance de traiter tous les animaux du foyer en prévention, même s’il n’y a qu’une espèce diagnostiquée.
  • Les vaccins sont-ils efficaces à 100 % ?
    Aucune prévention n’est absolue, mais la vaccination diminue très fortement le risque et atténue en général la gravité de la maladie si elle survient.
  • Que faire si l’un de mes animaux développe une maladie contagieuse ?
    Isolez-le, consultez rapidement votre vétérinaire et informez (si besoin) les proches ou pension où d’autres animaux auraient pu être exposés.
  • Puis-je continuer à toucher mes animaux si l’un tombe malade ?
    Oui, mais respectez une stricte hygiène (lavage de mains, vêtements dédiés, pas de contacts entre animaux durant la durée de contagion).

En résumé : adopter les bonnes pratiques au quotidien

  1. Protégez chaque animal par la vaccination, la vermifugation et un suivi vétérinaire personnalisé.
  2. Respectez l’hygiène des lieux de vie, du matériel et la quarantaine pour les nouveaux venus.
  3. Surveillez l’apparition de symptômes suspects (toux, écoulements, troubles digestifs, lésions cutanées) et consultez au moindre doute.
  4. Impliquez toute la famille dans la prévention : enfants, personnes fragiles, respect des règles d’hygiène après contact ou nettoyage.
  5. En réunion d’animaux (éducations, pensions, expositions), redoublez de vigilance et informez toujours de l’apparition de cas dans votre cercle.

Vivre avec plusieurs animaux est source de joie et d’apprentissages, mais cela nécessite aussi une vigilance constante vis-à-vis des maladies transmissibles. Anticiper, prévenir et agir rapidement permettent d’assurer le confort et la sécurité : de vos compagnons… et du reste de la famille. Chaque geste du quotidien peut faire la différence, pour une harmonie durable sous le signe de la santé animale.

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