Santé animale

Comprendre les allergies chez les chiens et chats : symptômes et solutions

Par Maxime
5 minutes

Allergies cutanées et respiratoires : pourquoi nos compagnons sont concernés

Aux côtés des maladies les plus chroniques chez chiens et chats, les allergies occupent une place croissante. Sous l’effet de l’environnement, des habitudes alimentaires industrielles et parfois d’une sensibilité génétique, de plus en plus d’animaux domestiques souffrent de réactions allergiques. Ces troubles, loin d’être bénins, nuisent fortement à leur confort et à leur qualité de vie.
Savoir identifier les signes, comprendre les causes et bien réagir peut tout changer dans le quotidien de votre compagnon et dans votre relation avec lui.


Les formes d’allergies chez chiens et chats : panorama des principales causes

À l’instar des humains, nos animaux domestiques peuvent développer de multiples formes d’allergies :

  • Allergies alimentaires : réaction à certains ingrédients ou protéines, fréquente chez les chiens sensibles (poulet, bœuf, produits laitiers, céréales…).
  • Dermatite atopique : prédisposition génétique, aggravée par la présence d’allergènes environnementaux (pollen, acariens, moisissures…).
  • Allergies de contact : irritation cutanée à cause d’un shampoing, d’un produit ménager, d’un collier antiparasitaire ou d’un matériau (plastique, textile, herbes…).
  • Allergies aux parasites : la dermatite par allergie aux piqûres de puces (DAPP) est très répandue, surtout pendant la belle saison.
  • Autres allergies respiratoires : plus rares, elles touchent surtout le chat (asthme félin, rhinite allergique).

Les symptômes à ne pas négliger

Les manifestations d’une allergie sont parfois flagrantes, parfois diffuses et trompeuses. Restez attentif à ces différents signaux :

  • Grattage intensif ou léchages répétés (pattes, ventre, oreilles, museau), parfois jusque formation de plaies.
  • Apparition de rougeurs, croûtes, pertes de poils sur des zones localisées.
  • Démangeaisons persistantes sans présence visible de parasites.
  • Otites à répétition, notamment chez le chien à oreilles tombantes.
  • Vésicules, boutons ou suintements sur la peau.
  • Chez le chat : toilettage compulsif, plaques de "léchage" sur le ventre, le dos ou l’intérieur des pattes.
  • Symptômes digestifs : vomissements, diarrhée chronique, flatulences, perte d’appétit.
  • Chez certains animaux : éternuements, écoulements nasaux ou toux sèche.

L’intensité et la durée des signes varient d’un individu à l’autre. Souvent, les signes dermatologiques dominent, mais toute démangeaison « anormale » doit alerter.


Comment le vétérinaire pose-t-il le diagnostic ?

Il n’existe pas de test miracle. L’approche, souvent longue, combine :

  1. Examen clinique détaillé : recherche de parasites, localisation des symptômes, historique médical.
  2. Élimination des causes parasitaires : traitement anti-puces systématique, car la DAPP est très fréquente.
  3. Régime d’éviction alimentaire : alimentation hypoallergénique stricte (6 à 8 semaines) pour détecter une possible allergie alimentaire.
  4. Exploration des causes environnementales : questionnaires, observation des pics de symptômes (saison, changements de vie, nouveaux produits à la maison…)
  5. Allergotests : parfois utilisés chez le chien, ils permettent d’orienter le protocole de désensibilisation (mais leur interprétation reste délicate).
  6. Biopsie cutanée ou analyses complémentaires dans les cas complexes, ou pour exclure une maladie auto-immune ou infectieuse.

La démarche diagnostique exige de la patience et une étroite collaboration entre le maître et l’équipe vétérinaire.


Solutions et traitements des allergies

Agir sur la cause, limiter l’exposition

  • Contrôle antiparasitaire : la lutte contre les puces est indispensable, même en cas d’allergie alimentaire.
  • Rinçage régulier du pelage : bain avec shampoing dermatologique recommandé par le vétérinaire, pour retirer pollens et allergènes environnementaux.
  • Éviter les substances irritantes : privilégier une lessive douce, limiter le recours aux désodorisants et sprays à l’intérieur.
  • Améliorer l’hygiène de vie : entretien soigné de la litière, lavage régulier des couchages, aération de la maison.

Gestion alimentaire : une clé souvent sous-estimée

En cas de suspicion d’allergie alimentaire, un changement d’alimentation s’impose pendant plusieurs semaines :

  • Aliments "mono-protéine" ou "novel proteins" : canard, poisson, cheval, rarement intégrés dans l’alimentation classique.
  • Croquettes ou pâtées hypoallergéniques : formulées avec des protéines hydrolysées (fragmentées) et pauvres en additifs.
  • Éviction stricte de toute friandise, aliment annexe (restes de table, récupérations...), pour garantir la fiabilité du test.

Si une amélioration nette apparaît durant cette phase, une recherche plus poussée (réintroduction progressive) permet d’identifier l’allergène responsable.


Traitements médicamenteux

  • Corticoïdes : rapidement efficaces sur les démangeaisons, mais attention à leur utilisation chronique (effets indésirables importants à long terme).
  • Antihistaminiques : parfois utilisés, mais peu efficaces lors des manifestations cutanées pures.
  • Ciclosporine ou autres immunomodulateurs : prescrits dans certains cas de dermatite atopique chronique.
  • Antibiotiques et antifongiques : en cas de surinfection cutanée secondaire.
  • Médicaments antiparasitaires adaptés : en prévention et en traitement.
  • Soins locaux : crèmes apaisantes, produits cicatrisants, shampoings spéciaux.

Le traitement est toujours individualisé, adapté à la gravité et à la cause dominante. Il vise avant tout à soulager l’animal tout en limitant les effets secondaires.


Désensibilisation : l’espoir sur le long terme

Certains chiens très allergiques peuvent bénéficier d’une immunothérapie (désensibilisation) basée sur une identification précise des allergènes. Ce traitement consiste à administrer régulièrement de très faibles doses de l’allergène pour "habituer" l’organisme et réduire les réactions au contact. Les résultats, variables selon l’origine de l’allergie, demandent patience et suivi vétérinaire rigoureux.


Prévenir les allergies ou limiter leur impact

  • Surveillance régulière du pelage et de la peau : repérer toute lésion, démangeaison ou chute de poils anormale.
  • Nettoyage adapté de l’environnement : aspirer fréquemment, aérer, opter pour des tissus lavables, précautions dans le choix de lessives ou détergents.
  • Contrôle strict des parasites : application régulière d’anti-puces et vermifuges adaptés, isolement en cas d’infestation massive.
  • Visites vétérinaires préventives : bilan annuel, discussion sur l’apparition de nouveaux symptômes, recommandation personnalisée selon la race et le mode de vie.

Questions fréquentes autour des allergies chez le chien et le chat

  • Les allergies sont-elles héréditaires ?
    Certaines formes le sont, notamment la dermatite atopique canine. Les vétérinaires déconseillent généralement la reproduction d’animaux allergiques chroniques.
  • Une guérison définitive est-elle possible ?
    Pour les allergies environnementales, il s’agit plutôt d’une gestion à vie, alternant phases d’amélioration et de rechute. Certaines allergies alimentaires peuvent s’atténuer avec l’âge.
  • Mon animal peut-il développer des allergies "soudainement" en vieillissant ?
    Oui, l’allergie peut apparaître à tout âge, même chez un animal adulte ou senior.
  • Puis-je utiliser des remèdes naturels (plantes, huiles…) ?
    Certaines solutions naturelles peuvent aider, mais toujours sous conseil vétérinaire afin d’éviter des interactions ou des toxiques pour l’animal.
  • Mon chien / mon chat est-il condamné à vivre sous médicaments ?
    Non ! Avec un diagnostic précis, la suppression ou la limitation de l’allergène permet dans de nombreux cas de réduire, voire de supprimer les traitements au long cours.

En résumé : vigilance, adaptation et accompagnement sur-mesure

  1. Restez à l’écoute du comportement de votre animal : toute démangeaison, perte de poils ou changement de tempérament doit alerter.
  2. N’attendez pas que les symptômes s’installent : plus l’allergie est prise en charge tôt, plus la gestion est simple durablement.
  3. Adoptez une hygiène stricte et régulière de l’environnement et du pelage.
  4. Privilégiez, sur conseil vétérinaire, une alimentation adaptée et des traitements personnalisés.
  5. Gardez confiance : la plupart des allergies se contrôlent très bien avec des mesures simples et une implication partagée entre maître et vétérinaire.

Vivre avec un chien ou un chat allergique, c’est avant tout accepter l’idée d’une gestion de fond, mais en s’appuyant sur les conseils du vétérinaire et une observation attentive, il est tout à fait possible d’offrir à son compagnon une vie heureuse, épanouie et sans souffrance inutile. L’essentiel est de ne jamais banaliser une démangeaison ou des troubles cutanés persistants : la santé et le bien-être de l’animal, comme la qualité de vie de toute la famille, s’en trouvent grandement améliorés.

Articles à lire aussi
animalpedia.fr est un magazine en ligne qui explore la vie avec chiens, chats et NAC : soins, éducation, alimentation et équipements. Articles de fond, guides pratiques et retours d'expérience concrets. Priorité à l'utile et à l'authentique.