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Alimentation équilibrée pour furets : les bases à connaître

Par Maxime
1 minute

Comprendre les besoins alimentaires du furet domestique

Le furet (Mustela putorius furo), adorable acrobate à l’énergie débordante, séduit de plus en plus de foyers français. Mais il reste un carnivore strict à l’alimentation bien particulière, bien loin de celle des chiens, chats, ou autres petits animaux domestiques ! Pour veiller à sa vitalité, à sa santé digestive et à la longévité de votre compagnon, il est essentiel d’adapter son régime quotidien, éviter certains aliments et privilégier la qualité.
Petite plongée dans les fondamentaux d’un menu sur-mesure pour ce NAC exigeant.


Le furet, carnivore avant tout : la base du régime

Dans la nature, le furet appartient à la famille des mustélidés. Son alimentation est composée quasi exclusivement de proies animales entières : petits rongeurs, oiseaux, lézards et insectes. Son organisme est ainsi très mal adapté à la consommation de céréales, fruits, légumes ou sucres.
Le furet a besoin :

  • d’une très forte proportion de protéines animales (35 à 40% minimum du total de la ration)
  • d’un taux de lipides (graisses animales) élevé (15 à 25%)
  • de très peu de glucides (idéalement <3%, car ils sont mal digérés et vite stockés en graisse)
  • d’une alimentation très digeste : son tube digestif est court, la digestion rapide (3 à 4 h seulement après un repas)

La clé est donc de proposer des aliments proches de ceux que le furet consommerait «au naturel», tout en assurant la sécurité sanitaire indispensable au mode de vie domestique.


Plusieurs options pour nourrir correctement son furet

1. L’alimentation industrielle spécifique (croquettes pour furets)

Il existe désormais en animalerie et chez certains vétérinaires des croquettes élaborées spécifiquement pour les furets. Celles-ci offrent l’avantage d’un équilibre constant, d’une conservation facile et de limiter les erreurs de dosage.

  • Vérifiez le taux de protéines (privilégiez 36-40% MINIMUM), d’origine exclusivement animale.
  • Les lipides doivent dépasser 15%, issus de viandes ou d’huiles de poissons.
  • Le taux de cendres brutes ne doit pas être trop élevé (< 8%) pour préserver reins et appareil digestif.
  • Évitez les croquettes pour chat, sauf marques haut de gamme « chaton » qui parfois peuvent dépanner ; elles ne doivent cependant pas constituer la base alimentaire.

2. Le régime à base de proies et de viandes fraîches (« raw feeding » ou BARF adapté)

C’est la solution la plus proche du régime naturel, mais elle demande rigueur, informations et précautions certaines.

  • Varier les types de viandes (poulet, lapin, dinde, veau, parfois canard ou caille), et y ajouter des abats (cœur, foie, gésiers) en quantités modérées.
  • Proposer de temps en temps des petits poussins, souris, ou rats de laboratoire congelés (attention à la réglementation et au fournisseur).
  • Les os charnus (ailes, cous de poulet crus) sont excellents pour l’entretien des dents.
  • Évitez tout ce qui est porc cru (risque de maladie d’Aujeszky) et viande avariée.
  • S’assurer que chaque ration couvre tous les besoins en vitamines et minéraux (calcium, taurine, vitamine A, D, E notamment).
  • Une transition douce s’impose si votre furet est habitué uniquement aux croquettes !

3. L’alimentation mixte (croquettes et viandes fraîches)

De nombreux propriétaires optent pour un compromis : croquettes pour furet de qualité à volonté, associées à des apports quotidiens ou hebdomadaires de viandes fraîches, abats et petits morceaux charnus. Cela permet de stimuler l’instinct de chasse, l’hygiène dentaire et d’améliorer la diversité du régime. Veillez à la fraîcheur et à éviter tout excès de friandises carnées grasses.


Les aliments à bannir absolument

Une erreur fréquente consiste à l’assimiler à un «petit chat ou chien» : or, de nombreux ingrédients même inoffensifs pour d’autres animaux ou les humains sont toxiques pour le furet. On évite donc :

  • tous les produits laitiers (lactoses non digérés, diarrhées sévères et risques d’obstruction)
  • pain, pâtes, biscottes, céréales, pommes de terre et féculents
  • fruits (leurs sucres provoquent des troubles hépatiques et pancréatiques graves)
  • chocolat, café, caféine sous toutes ses formes
  • os cuits (risques de perforation ou d’occlusion digestive)
  • restes de table, plats épicés ou salés
  • toute alimentation pour rongeur, chien, ou chat adulte générique

Fréquence des repas et quantités : s’adapter au mode de vie du furet

Le furet mange en petites quantités mais très souvent : souvent entre 8 et 10 repas par 24h en liberté, ou en cage, il grignote tout au long de la journée et de la nuit. Sa digestion, très rapide, ne lui permet pas de «faire des réserves» : il ne faut donc jamais le priver sur une longue durée.
On recommande de :

  • laisser un accès à volonté à ses croquettes (privilégier les modèles anti-gaspillage pour éviter l’ennui ou l’éparpillement dans la cage)
  • ou, pour les repas en viandes crues, proposer 3 à 5 petites portions fraîches, retirées si non consommées dans les deux heures (risques sanitaires)
  • adapter les quantités selon l’âge, l’activité, la stérilisation et le sexe (un jeune furet ou une femelle gestante mangera parfois le double d’un adulte calme…)

Hydratation : l’eau, un pilier souvent sous-estimé

Le furet ne boit pas beaucoup, mais a besoin d’une eau propre et changée quotidiennement. Utilisez idéalement un biberon pour rongeur, facile à fixer sur la cage et à nettoyer, ou une gamelle lourde qui résiste aux jeux.
Attention : un manque d’eau peut rapidement entraîner des troubles urinaires ou digestifs chez ce petit carnivore !


Évolution des besoins selon l’âge et situations particulières

Le fureton (jeune furet jusqu’à 4-5 mois)

Période de croissance rapide = exigences accrues en protéines, graisses et énergie. Privilégiez une alimentation «haut de gamme» (croquettes furets, ou régime carné varié), fractionnée en très nombreux petits repas.


Furets âgés ou stérilisés

L’appétit diminue souvent, tout comme l’activité physique : il convient de surveiller le risque d’embonpoint, sans pour autant réduire la qualité protéique du menu. Limitez les apports gras en fin de vie, favorisez la variété. Contrôlez le poids tous les mois.


Furets malades ou en convalescence

Des troubles digestifs, une baisse d’appétit ou certains traitements requièrent l’avis d’un vétérinaire NAC : des compléments vitaminés et des aliments mous (patées spécifiques furet, aliments pour chats en gelée riches en protéines animales) peuvent dépanner temporairement.


Les petits plus : enrichir le quotidien sans danger

  • Proposez de temps à autre un jaune d’œuf cru (jamais blanc seul), un petit morceau de foie ou de cœur, une cuillère de yaourt nature (uniquement en cas de constipation passagère, et jamais en routine).
  • Offrez des os charnus crus sous supervision – ils favorisent l’usure dentaire, l’occupation et la satisfaction des instincts.
  • De rares friandises industrielles «spécial furet» peuvent être proposées, à condition de surveiller la composition et d’éviter tous sucres ou céréales cachés.

L’enrichissement alimentaire ne remplace jamais une base équilibrée : mieux vaut privilégier l’interaction, les jeux, les cachettes et les accessoires à fouiller que les apports caloriques superflus !


Check-list pratique : bien nourrir son furet au quotidien

  1. Choisissez une alimentation riche en protéines et graisses animales, pauvre en glucides.
  2. N’utilisez pas d’aliment destiné aux rongeurs, chiens ou chats adultes.
  3. Laissez de la nourriture à disposition en permanence, ou fractionnez en plusieurs petits repas.
  4. Renouvelez l’eau chaque jour et nettoyez régulièrement le biberon ou la gamelle.
  5. Veillez à la fraîcheur et à la variété des aliments crus si vous optez pour le BARF/mixte.
  6. Surveillez le poids, l’état du poil et les selles pour réajuster le régime au besoin.
  7. Renseignez-vous auprès de vétérinaires NAC ou d’éleveurs spécialisés pour toute situation particulière.

Questions fréquentes sur la nutrition du furet

  • Un furet peut-il manger des croquettes chats ?
    À condition qu’elles soient de haute qualité pour chatons et en dépannage uniquement. Préférez des croquettes furet !
  • Pourquoi éviter les fruits et légumes ?
    Ils provoquent diarrhées, troubles métaboliques, calculs urinaires et obésité. Le furet est un carnivore strict.
  • Comment éviter les carences avec le cru ?
    En variant viandes, abats et os, et en complétant au besoin avec des vitamines adaptables (sous contrôle vétérinaire).
  • Peut-on donner des laitages ?
    Non, sauf de façon exceptionnelle et en très petite quantité, le furet digère très mal le lactose.
  • Faut-il proposer des compléments alimentaires ?
    Uniquement sur prescription vétérinaire, si le menu de base est équilibré, ils sont inutiles chez l’adulte en bonne santé.

L’essentiel à retenir pour le bien-être du furet

  1. Le furet est un carnivore qui tolère très mal les glucides, végétaux et produits laitiers.
  2. Son régime doit être riche en protéines animales, avec des apports lipidiques contrôlés.
  3. On privilégie la constance, la fraîcheur et l’accès permanent à l’aliment adapté.
  4. La surveillance régulière (poids, état général, appétit) évite la majorité des soucis de santé liés à la nutrition.
  5. Ne jamais hésiter à consulter un vétérinaire NAC pour ajuster les apports et anticiper les carences ou excès.

Une bonne alimentation, c’est la clé d’un furet vif, joueur et en pleine santé. Un petit effort d’observation et de rigueur offre à ce compagnon énergique une belle et longue vie à vos côtés.

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