Pourquoi le sommeil est essentiel pour le chien ?
Comme chez l’humain, le sommeil joue un rôle clé dans la santé du chien. Un repos régulier et profond permet à l’organisme de récupérer, de consolider la mémoire, de réguler l’humeur et de soutenir les défenses immunitaires. Contrairement aux idées reçues, le chien n’est pas toujours actif : selon son âge, sa race et son mode de vie, il peut avoir besoin de 12 à 18 heures de sommeil par jour. Ce temps de repos cumulé comprend de longues siestes et des périodes de sommeil profond, essentielles à son équilibre.
Quels sont les signes d’un trouble du sommeil chez le chien ?
Observer les habitudes de sommeil de son animal permet souvent de déceler des anomalies. Les troubles du sommeil chez le chien se manifestent par :
- Des difficultés à s’endormir ou à rester endormi : le chien change souvent de place, gémit, ou semble ne pas trouver de position confortable.
- Des réveils nocturnes fréquents : l’animal tourne en rond, demande à sortir ou sollicite l’attention de ses humains en pleine nuit.
- Des signes de fatigue en journée : bâillements excessifs, apathie, diminution de l’envie de jouer ou de marcher, voire irritabilité inhabituelle.
- Des mouvements involontaires en dormant : sursauts, pattes qui bougent de façon intense, gémissements, aboiements pendant le sommeil pouvant indiquer un sommeil agité ou perturbé.
- Perte d’appétit ou modifications du comportement : anxiété, comportement destructeur ou recherche excessive d’attention.
Chez le chiot, le senior ou les chiens convalescents, la vigilance est accrue : toute régression ou changement brutal dans le rythme du sommeil doit alerter.
Les causes possibles des troubles du sommeil canin
Si certains problèmes ponctuels sont liés à un changement d’environnement ou de routine, d’autres causes peuvent être sous-jacentes :
- Stress et anxiété : un déménagement, l’arrivée d’un autre animal, une absence prolongée du propriétaire ou des bruits inhabituels peuvent perturber le sommeil du chien.
- Douleur ou malaise physique : arthrose, blessures, douleurs abdominales, démangeaisons peuvent empêcher le chien de bien dormir.
- Troubles neurologiques ou maladies chroniques : épilepsie, syndromes gériatriques (dont le syndrome de dysfonction cognitive, une forme d’« Alzheimer » canin), troubles hormonaux (hypothyroïdie, diabète).
- Problèmes environnementaux : couchage inconfortable, température inadéquate, trop de lumière ou de bruit, logement près d’une route très passante ou d’un lieu animé.
- Mauvaise gestion de l’activité physique : un chien trop peu sorti ou au contraire trop stimulé avant la nuit aura du mal à trouver le repos.
- Effet secondaire de certains médicaments.
Comment diagnostiquer un trouble du sommeil chez le chien ?
Face à un sommeil perturbé, le constat du propriétaire est primordial. Cependant, certains troubles peuvent rester discrets plusieurs semaines. Il est donc utile :
- D’observer et de noter : horaires d’endormissement, nombre de cycles de sommeil, réveils nocturnes, manifestations inhabituelles en dormant, signes de fatigue diurne.
- Filmer certains comportements nocturnes (avec une caméra de surveillance ou un smartphone).
- Consulter rapidement son vétérinaire : une prise de sang, un examen complet et parfois des examens complémentaires (imagerie, dosage hormonal) sont nécessaires pour écarter une pathologie médicale.
L’avis d’un comportementaliste animalier peut s’avérer très utile si le vétérinaire ne décèle pas de cause médicale.
Les solutions pour aider un chien à retrouver un sommeil de qualité
Adapter l’environnement de repos
- Choisir un couchage adapté : matelas épais, orthopédique pour les seniors ou animaux arthrosiques. Préférez un endroit calme, à l’écart des courants d’air et des passages.
- Réguler la température : ni trop chaud (chauffage direct, exposition soleil), ni trop froid. Veillez aussi à l’obscurité en limitant les lumières vives la nuit.
- Diminuer les nuisances sonores : musique douce ou bruits blancs en fond sonore peuvent rassurer un chien anxieux.
Favoriser la sécurité et la routine
- Mettez en place des rituels à heures fixes : sortie du soir, moment calme, parc ou coin à soi.
- Ne perturbez pas le chien pendant ses phases de repos profond : évitez de le réveiller violemment.
Répondre aux besoins d’exercice physique et mental
- Séances de promenade régulières, jeux intellectuels, exercices d’olfaction ou de pistage : une dépense adaptée aide à induire le sommeil naturel.
- évitez les jeux trop excitants juste avant le coucher.
Utiliser des aides naturelles si nécessaire
Certains suppléments ou produits naturels peuvent favoriser la relaxation :
- Phéromones apaisantes (diffuseurs, sprays, colliers)
- Plantes sédatives sans danger (valériane, camomille, après avis vétérinaire)
- Bouillotte sur une zone tendue chez le chien anxieux ou gêné par l’arthrose
L’usage de médicaments spécifiques (sédatifs légers, anxiolytiques) doit être réservé aux cas graves sur prescription vétérinaire.
Quand consulter un professionnel
Un trouble du sommeil qui dure ou s’aggrave impose une consultation :
- Survenue brutale de troubles comportementaux ou de réveils en sursaut
- Réveil nocturne associé à des gémissements, halètements ou désorientation
- Somnolence diurne extrême ou altération de l’état général
- Douleurs, boiterie, grattage incessant ou signes d’inconfort physique
- Chez les sujets âgés ou atteints de maladie chronique, tout trouble persistant doit être analysé sans attendre.
Zoom sur certaines pathologies fréquentes en lien avec le sommeil
Syndrome de dysfonction cognitive (SDC)
Ce trouble touche le chien senior, dont le cerveau présente des modifications similaires à la maladie d’Alzheimer humaine. Il se traduit par des troubles du sommeil (inversion jour/nuit, anxiété nocturne), confusion, oubli des habitudes propres et parfois des aboiements intempestifs la nuit. Une prise en charge conjointe comportementale et médicamenteuse peut limiter l’évolution des symptômes.
Apnées et troubles respiratoires du sommeil
Certaines races, notamment les chiens brachycéphales (bouledogues, carlins, shih tzus), sont prédisposées aux apnées du sommeil. Cela entraîne des pauses respiratoires, des ronflements marqués et des micro-réveils fréquents. Le risque principal : la fatigue chronique. Une chirurgie ou un traitement adapté peut être proposé selon les cas.
Séquelles de stress, cauchemars et somnambulisme canin
Des chiens ayant subi un traumatisme, ou vivant un stress durable, peuvent présenter des comportements agités pendant le sommeil : aboiements, gémissements, sursauts ou même déplacements nocturnes. La prise en charge vise la sécurisation de l’environnement et parfois un suivi comportemental.
FAQ : Questions fréquentes autour du sommeil du chien
- Mon chien dort beaucoup, est-ce normal ?
Oui, surtout chez le chiot, le chien âgé ou certaines races dites « calmes ». Ce qui doit inquiéter : une apathie brutale ou un désintérêt soudain pour les jeux/repas. - Peut-on donner un « calmant » à un chien qui ne dort pas ?
Jamais sans avis vétérinaire. Privilégiez toujours une approche douce : routine, relaxation, phéromones, bilan médical si besoin. - Comment aider un chien anxieux à dormir ?
Offrez-lui une ambiance rassurante, évitez les punitions nocturnes, assurez une dépense physique et mentale adaptée, et faites appel à un comportementaliste si l’anxiété persiste. - Faut-il interdire le lit ou le canapé pour favoriser le sommeil ?
Ce n’est pas une obligation. Certains chiens dorment mieux à proximité de leur humain, d’autres préfèrent leur panier. Ce qui compte : le confort et la sécurité.
À retenir pour un chien en forme… bien reposé !
- Surveillez dès aujourd’hui les habitudes de sommeil de votre chien : c’est un indicateur fiable de sa santé globale
- Un trouble du sommeil n’est jamais un banal « caprice » : cherchez la cause avec l’aide d’un professionnel.
- L’aménagement de l’espace, des routines rassurantes et la dépense adaptée sont les clés d’un sommeil de qualité.
- Consultez si le trouble dure, s’aggrave, ou s’accompagne d’autres symptômes.
- Un chien qui dort bien, c’est un compagnon épanoui, joyeux et en bonne santé : écoutez, observez, agissez !