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Pourquoi les chats griffent-ils les meubles et comment y remédier

Par Maxime
6 minutes

Le griffage chez le chat : une expression naturelle aux multiples facettes

Tous les propriétaires de chats l'ont déjà constaté : ces animaux élégants et attachants trouvent un malin plaisir à faire leurs griffes… sur ce qui nous est cher ou utile au quotidien. Canapé, fauteuil, tapis, cadres de lit, rideaux, aucun meuble ou textile n'échappe toujours à la tentation des coups de griffe. Si ce comportement agace et peut faire des ravages dans l'habitat, il n'est ni gratuit, ni malveillant : il traduit des besoins profonds et instinctifs chez le chat. Comprendre pourquoi nos félins se livrent à ces séances de griffage est essentiel pour proposer des solutions efficaces, respectueuses de leur bien-être et protectrices de notre intérieur.


Pourquoi les chats griffent-ils ? Comprendre les besoins naturels

Un besoin physiologique : entre entretien et bien-être

Le griffage a tout d'abord une fonction d'entretien : en se servant de ses griffes antérieures sur différentes surfaces rugueuses, le chat élimine les gaines mortes de ses griffes afin de les garder tranchantes et saines. Ce renouvellement régulier est vital pour un prédateur même s'il vit en appartement. En natura, griffer permet de rester agile, prêt à grimper, chasser ou se défendre. Empêcher un chat de faire ses griffes reviendrait à lui interdire de se laver !


Marquer son territoire : griffes et odeurs

Le chat est un animal territorial. Griffades et marques sont de véritables messages olfactifs et visuels. Lorsqu’il griffe, il libère aussi des phéromones (substances chimiques produites par des glandes situées entre les coussinets) qui renseignent ses congénères sur son identité, sa présence ou son humeur. Le mobilier “griffé” prend alors la fonction de signal visuel d’occupation du territoire. Ce marquage est d’autant plus prononcé lors de l’arrivée de nouveaux animaux, d’un déménagement, ou, parfois, lors de tensions dans la maison.


Décharger du stress et bouger le corps

Le griffage participe à l’étirement musculaire, notamment en réveil ou après un temps de repos. Tirer sur ses griffes offre au chat une occasion d’étirer le dos, les épaules et les pattes avant, stimulant sa souplesse. Ce comportement est aussi une soupape émotionnelle : dans les périodes d’ennui, d’excitation ou d’anxiété, le chat peut redoubler d’intensité et de fréquence dans ses griffades, notamment s’il manque d’occupations ou de stimulations appropriées.


Pourquoi les meubles sont-ils souvent la cible privilégiée ?

Le chat ne choisit pas au hasard les surfaces à griffer : il privilégie en général des endroits visibles, fréquentés et stables, qui répondent à plusieurs critères :

  • Texture rugueuse ou fibreuse : Les tissus tendus des canapés, tapis ou rideaux imitent la sensation naturelle de l’écorce d’un arbre ou de troncs utilisés dans la nature. Le mobilier rembourré, le bois ou certains papiers peints donnent un retour tactile satisfaisant.
  • Solidité et stabilité : Plus l’objet est solide et fixe, mieux l’étirement musculaire est rendu. Un arbre à chat branlant n’attirera pas autant votre félin qu’une robuste table basse…
  • Emplacement stratégique : Le chat préfère les passages, les entrées de pièce ou endroits proches de sa zone de repos. Griffer à la vue de tous, c’est aussi un acte de communication sociale (notamment si d’autres animaux vivent à la maison).

Conséquence : comment protéger ses meubles sans frustrer son chat ?

Interdire le griffage est irréaliste et contre-productif. En revanche, il est possible de canaliser ce comportement naturel sur des supports adaptés tout en réduisant les risques pour votre mobilier.


Proposer des alternatives de griffades attrayantes

  • Arbres à chats et griffoirs variés : Multipliez les supports : colonnes, tapis, planches inclinées ou griffoirs muraux. Certains félins préfèrent la position verticale, d’autres le griffage horizontal (tapis en sisal, carton).
  • Privilégier la matière : Le sisal (corde naturelle), le carton ondulé, le bois brut ou la moquette épaisse sont souvent appréciés.
  • Emplacements clés : Installez griffoirs près des zones de repos, dans les lieux de passage, et surtout à côté du meuble habituellement attaqué. Cela facilite la redirection du comportement.
  • Rendre le support attractif : Diffusez de la cataire (herbe à chat), frottez avec un tissu portant l’odeur du chat ou utilisez quelques friandises pour inviter l’animal à tester le nouveau support.

Dévaloriser les meubles ciblés temporairement

  • Protéger les zones fragiles : Utilisez des housses, des plaques de plastique ou d’aluminium, du ruban adhésif double-face (désagréable sous la patte) sur le canapé ou le pied de table visés. Il existe des sprays répulsifs spécifiques à pulvériser sur les tissus, mais attention à la tolérance de l’animal.
  • Changer temporairement l’accès : Si possible, limitez l’accès à la pièce ou couvrez le meuble attaqué le temps que le chat adopte le griffoir proposé.

Encourager et récompenser le bon comportement

La clé du succès : féliciter systématiquement votre chat (voix douce, caresses, friandises) lorsqu’il utilise de lui-même le griffoir adapté. L’apprentissage est plus rapide par le renforcement positif que par la punition, qui stresse l’animal et affaiblit la confiance.


Entretien des griffes : faut-il les couper ?

Chez certains chats (âge avancé, sédentarité, griffes défectueuses), le dérivatif naturel ne suffit pas toujours à user les griffes. Les vétérinaires recommandent dans ce cas une coupe régulière à l’aide d’un coupe-griffe adapté, pour éviter que la griffe ne s’incarne dans le coussinet ou n’abîme excessivement le mobilier. Apprenez à manipuler les pattes en douceur et n’hésitez pas à demander une démonstration à un professionnel de santé animale si besoin.


Cas particuliers : griffades excessives ou soudaines, faut-il s’inquiéter ?

Si un chat jusque-là discret devient soudainement destructeur avec le mobilier, cela peut révéler une cause sous-jacente :

  • Stress, anxiété ou changement d’environnement : Déménagement, arrivée de nouveaux membres (humains ou animaux), odeurs inconnues ou perte d’un compagnon perturbent parfois le félin qui va accentuer son marquage.
  • Manque d’activité ou d’enrichissement : Un chat qui s’ennuie multiplie parfois les destructions. Renouvelez les jeux, proposez une chasse à la friandise, multipliez les cachettes et perchoirs.
  • Besoin accru de territoire : Un espace trop petit, non adapté aux besoins du chat (notamment pour les chats d’appartement) peut aggraver le problème.
  • Santé ou douleur articulaire : Parfois, un animal en souffrance peut chercher à s’étirer davantage ou à soulager une tension. Consultez si le comportement s’accompagne d’autres signes inquiétants.

FAQ : vos questions les plus fréquentes autour du griffage

  • A-t-on le droit de faire dégriffer un chat ?
    Non, la dégriffation (onyxectomie) est strictement interdite en France et dans la majorité des pays européens : elle porte atteinte à la santé et à la dignité de l’animal. De plus, elle provoque des douleurs chroniques et impacte gravement la mobilité du chat.
  • L’usage de sprays répulsifs est-il dangereux ?
    La plupart sont à base d’huiles essentielles ou d’odeurs désagréables pour le chat. Ils doivent être utilisés avec discernement, car certaines formulations peuvent irriter ou provoquer des réactions allergiques. Testez d’abord sur une petite surface.
  • Les chats d’extérieur griffent-ils moins ?
    En général, oui, car ils disposent de nombreux supports naturels pour user leurs griffes. Mais le griffage sert aussi de marquage à la maison : même un chat ayant accès au jardin peut continuer à « s’occuper » des meubles en intérieur.
  • Est-ce que le fait de couper les griffes élimine le besoin de griffer ?
    Non, la coupe limite seulement les dégâts mais ne retire pas le besoin instinctif. Il faudra donc toujours proposer des griffoirs adaptés !

Pistes complémentaires et erreurs à éviter

  • Ne jamais punir physiquement le chat : Crier, pulvériser de l’eau ou frapper nuit à votre relation et accentue le stress, aggravant souvent le problème. Préférez l’éducation positive.
  • Varier les griffoirs : Un seul arbre à chat ne conviendra pas forcément. Testez différentes textures, positions et emplacements pour découvrir ce qui plaît le plus à votre chat.
  • Entretenir l’environnement : Avec suffisamment de stimulations (cachettes, hauteurs, zones de repos), le chat passe davantage de temps à explorer et moins à s’acharner sur le mobilier.
  • Impliquer tous les membres du foyer : Expliquez à la famille l’importance de ces comportements naturels et la nécessité d'adopter une même stratégie pour ne pas perturber l'animal.

En résumé : protéger ses meubles et respecter le chat

  1. Le griffage est un comportement naturel, indispensable au bien-être du chat : il ne peut ni ne doit être supprimé.
  2. Proposer une variété de supports à griffer adaptés et bien placés est la clé pour détourner l’attention du mobilier.
  3. Valoriser l’utilisation du griffoir grâce au jeu, à la récompense et à la patience permet un apprentissage durable.
  4. Face à des griffades soudaines ou massives, ne négligez jamais la recherche d’une cause physique ou émotionnelle.
  5. Un environnement riche, stimulant et harmonieux favorise la cohabitation heureuse entre le chat… et votre mobilier !

Savoir lire dans les griffades de son chat, c’est lui accorder respect, compréhension et sécurité. Avec des astuces simples, il est tout à fait possible de préserver ses meubles tout en assurant le bonheur de son félin préféré !

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