Comprendre les besoins alimentaires réels des chiens, chats et NAC
Nos animaux de compagnie comptent sur nous pour leur bien-être, et l’alimentation joue un rôle déterminant dans leur santé générale, leur vitalité et leur longévité. Pourtant, il est facile de commettre des erreurs, parfois involontaires, en pensant bien faire. Offrir une nourriture équilibrée et adaptée, éviter certaines mauvaises pratiques et se méfier des idées reçues, voilà des réflexes essentiels pour veiller au bonheur de nos chiens, chats et nouveaux animaux de compagnie (NAC).
Mauvais réflexe n°1 : Privilégier l’alimentation humaine ou les « restes de table »
Il peut sembler naturel de vouloir partager son repas avec son animal ou de lui offrir les restes d’assiette, surtout lorsqu’il quémande avec insistance. Pourtant, c’est un réflexe risqué :
- Les aliments humains ne couvrent pas les besoins nutritionnels des animaux : trop salés, trop gras, carencés ou contenant des éléments toxiques.
- Risques pour la santé : l’oignon, l’ail, le chocolat, les os cuits ou encore certains édulcorants (xylitol) peuvent être dangereux, voire mortels.
- Développement de mauvaises habitudes, comme la mendicité ou des troubles digestifs répétés.
La règle d’or : aucune portion du repas familial n’est adaptée à nos compagnons, même en petites quantités.
Mauvais réflexe n°2 : Opter pour une alimentation « maison » non équilibrée
La ration ménagère séduit de plus en plus de propriétaires. Cependant, sans l’encadrement d’un vétérinaire nutritionniste, elle aboutit souvent à des déséquilibres nous explique le Dr Valérie, spécialiste en santé animale :
« Beaucoup pensent bien faire en cuisinant eux-mêmes. Mais sans connaissance précise des apports nécessaires en protéines, lipides, minéraux, vitamines, la ration maison peut entraîner autant d’excès que de carences et nuire sérieusement à la santé de l’animal. »
Il est indispensable de se faire accompagner pour établir un menu sur-mesure et complémenter si besoin.
Mauvais réflexe n°3 : Choisir une alimentation industrielle inadaptée
La diversité des croquettes et pâtées disponibles peut prêter à confusion. Plusieurs erreurs fréquentes :
- Ignorer les besoins spécifiques selon l’espèce, l’âge, le poids, l’activité et l’état de santé : un chiot n’a pas le même régime qu’un chien senior, un chat stérilisé n’a pas les mêmes besoins qu’un chaton.
- Sous-estimer la qualité des ingrédients : privilégier des produits de faible qualité riches en céréales, sucres, sous-produits animaux peu digestes.
- Changer trop fréquemment d’aliment : la variation non encadrée entre différentes marques ou saveurs favorise les troubles digestifs.
Astuce : bien lire les étiquettes et rechercher la mention « aliment complet », avec une composition claire et une marque réputée.
Mauvais réflexe n°4 : Mal doser les quantités quotidiennes
L’excès comme le manque nuit à la santé animale. La suralimentation est favorisée par :
- Le grignotage et les récompenses à répétition.
- L’utilisation d’une gamelle « à volonté », notamment chez les chats, sans surveillance.
- Le non-respect des dosages recommandés sur l’emballage ou par le vétérinaire.
Résultat : l'obésité. Elle est à l’origine de nombreux problèmes : diabète, arthrose, troubles cardiaques.
À l’inverse, les rations trop pauvres en énergie ou mal adaptées à la croissance entraînent de graves carences.
Mauvais réflexe n°5 : Négliger le rôle fondamental de l’eau
L’hydratation est souvent oubliée alors qu’elle est vitale :
- Un animal qui mange des croquettes a davantage besoin de boire que s’il consomme de la pâtée.
- L’eau sale, changée trop rarement, est délaissée, poussant à la déshydratation.
- L’absence d’eau fraîche lors des sorties ou par forte chaleur est un danger.
Conseil : renouveler l’eau tous les jours, multiplier les points d’eau et surveiller la consommation réelle selon l’alimentation.
Mauvais réflexe n°6 : Tous les aliments faits pour animaux ne se valent pas
Gare aux friandises, pâtées de supermarché et produits alléchants mais pauvres en nutriments.
- Les friandises doivent rester exceptionnelles et adaptées à la taille de l’animal. Attention aux calories « cachées ».
- Évitez les aliments marketés « premium » sans réelle justification nutritionnelle.
- Certains aliments élaborés pour « plaire » incluent trop de sucres, additifs ou graisse, favorisant dépendance et prise de poids.
Privilégier la qualité à la quantité, et garder à l’esprit que fidélité à une bonne formule vaut mieux que multiplication d’essais.
Mauvais réflexe n°7 : Penser qu’un supplément est forcément utile
L’ajout automatique de compléments alimentaires, de vitamines ou d’huiles (poisson, foie de morue…) n’est jamais anodin. Non seulement certains excès peuvent être délétères (par exemple la vitamine A chez le chat), mais cela perturbe aussi l’équilibre global de la ration.
Sauf avis vétérinaire précis, un aliment industriel complet ne nécessite pas de supplémentation.
Mauvais réflexe n°8 : Oublier l’adaptation à des besoins particuliers
Chaque animal traverse des moments de vie à adapter :
- Jeune en croissance, femelle gestante ou allaitante, convalescence, vieillissement, maladie chronique…
- Certains troubles nécessitent une alimentation médicale ou sur-mesure (insuffisance rénale, diabète, allergies…)
Changer de régime doit toujours s’effectuer avec l’accompagnement d’un professionnel pour éviter tout déséquilibre.
Idées reçues et pièges à déjouer
- Un animal stérilisé ne doit pas forcément manger moins, mais adapter la qualité des apports, notamment en protéines et énergie.
- Le « barf » (alimentation crue) ou la ration 100% végétale nécessitent un encadrement strict, faute de quoi les risques sanitaires et carentiels sont élevés.
- Croire un animal capable de s’autoréguler seule sa prise alimentaire est un mythe, surtout pour les chats et lapins en intérieur.
Toujours prendre conseil, ne jamais improviser.
Spécificités NAC et rongeurs : des erreurs à ne pas commettre
Les lapins, cochons d’Inde, furets et autres petits mammifères possèdent des besoins très différents des chiens et chats :
- Lapins et cochons d’Inde : alimentation riche en foin, légumes frais et granulés spécifiques. Les mélanges de graines trop gras sont à proscrire.
- L’apport de foin est primordial pour l’usure des dents et le transit.
- Supplémentation en vitamine C indispensable chez le cochon d’Inde.
- Le furet : strictement carnivore, il ne digère pas les glucides ni les légumes. Préférer une alimentation hautement protéinée.
Chaque NAC a son régime : il est essentiel de se renseigner avant d’adopter et au moindre doute.
Les bons réflexes pour une alimentation équilibrée au quotidien
- Respectez les doses recommandées calculées selon le poids, l’âge, l’activité et l’état de santé de l’animal.
- Faites évoluer l’alimentation avec les étapes de la vie (croissance, séniorité, maladie) et demandez conseil à votre vétérinaire.
- Misez sur la stabilité : évitez les changements de marque ou de recette trop fréquents. Si nécessaire, réalisez une transition progressive.
- Mesurez la tendance au surpoids par une pesée mensuelle et un examen du score corporel avec un professionnel.
- Veillez à l’hydratation : gamelles d’eau fraîche, surveillez la boisson, proposez de la pâtée si besoin.
- Évitez toute fantaisie alimentaire ou supplémentation non conseillée.
En résumé : vigilance, conseils professionnels et adaptation permanente
Fidélité à une alimentation de qualité, adaptation régulière au profil de l’animal et accompagnement par un professionnel de santé évitent la grande majorité des erreurs alimentaires. Se méfier des modes, des recettes miracles et rester attentif aux signaux envoyés par son compagnon sont des gestes clés au quotidien.
Prendre soin de l’assiette de son animal, c’est investir durablement dans sa santé et sa qualité de vie. Avant de modifier quoi que ce soit, n’hésitez jamais à consulter votre vétérinaire : il sera toujours le mieux placé pour vous aider à composer le menu le plus adapté à votre fidèle compagnon.