Alimentation

Bien lire les étiquettes : décrypter la composition des aliments pour animaux

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi s'intéresser à la composition de l'alimentation pour animaux ?

Lorsque l'on cherche à offrir le meilleur à son compagnon, le choix de l'alimentation occupe une place centrale. Croquettes, pâtées, friandises : l’offre est pléthorique et les promesses marketing souvent alléchantes. Pourtant, tous les produits ne se valent pas, et la véritable qualité se cache dans les détails de la composition. Savoir lire et comprendre une étiquette alimentaire est donc un réflexe indispensable pour garantir santé, vitalité et longévité à son chien, chat ou NAC.


Décrypter la liste des ingrédients : comment est-elle construite ?

En France et en Europe, la réglementation oblige les fabricants à afficher tous les ingrédients utilisés, par ordre décroissant de poids au moment de la fabrication. Autrement dit, le premier ingrédient de la liste est celui que l’on retrouve en plus grande quantité dans le produit fini.

  • Attention à l’intitulé : « viande fraîche » inclut la teneur en eau, alors que « viandes déshydratées » sont plus concentrées en protéines.
  • Les proportions réelles : parfois, plusieurs ingrédients similaires sont séparés dans la liste pour donner l’impression qu’ils sont moins présents (technique dite du « fractionnement » – exemple : farine de maïs + amidon de maïs + gluten de maïs).

Astuce : privilégiez les aliments dont une source de protéines animales de qualité apparaît dans les trois premiers ingrédients.


Qu’attendre d’un aliment « complet » et de qualité ?

Un aliment complet fournit à l’animal l’intégralité des nutriments nécessaires à sa bonne santé, sans carence ni excès. Cela signifie que si vous offrez uniquement cette nourriture (et de l’eau fraîche à disposition), votre compagnon reçoit tout ce dont il a physiologiquement besoin.

Critères à surveiller :

  • Origine et nature des protéines : le terme « viandes et sous-produits animaux » est moins gage de qualité que « poulet », « agneau », ou « saumon » clairement identifiés. Les sous-produits animaux désignent des parties moins nobles ou digestes (abats, plumes, carcasses...).
  • Présence de céréales : chats et chiens n’en ont pas nécessairement besoin, surtout en quantité élevée. Le riz, par exemple, est plus digeste pour la plupart que le maïs ou le blé.
  • Mention de conservateurs, colorants, arômes artificiels : leur utilisation systématique peut dénoter une alimentation de moindre qualité.

Zoom sur les composants analytiques : à quoi servent-ils ?

Juste après la liste des ingrédients, on trouve le tableau des « composants analytiques ». Ce sont des valeurs incontournables pour juger de la teneur réelle en :

  • Protéines brutes : déterminantes pour la croissance, l’entretien musculaire, la santé de la peau et du pelage.
  • Matières grasses brutes : source d’énergie, essentielles mais à doser pour éviter le surpoids.
  • Fibres brutes : utiles pour le transit, mais en excès peuvent diminuer la digestibilité.
  • Cendres brutes : indice de minéraux, mais un taux trop élevé peut être synonyme d’excès d’os ou de cartilages broyés, difficiles à assimiler.
  • Humidité : surtout pour les pâtées et aliments humides, elle conditionne appétence, conservation et digestibilité.

À chaque stade de la vie et selon l’espèce, ces valeurs doivent varier (par exemple, un chaton ou un chiot nécessite davantage de protéines et de matières grasses qu’un adulte stérilisé ou senior).


Allégations et mentions marketing : que signifient-elles réellement ?

De nombreux packagings mettent en avant des arguments de vente rassurants ou flatteurs :

  • « Riche en viande/fish » : la réglementation impose au moins 14% de l’ingrédient cité (un taux qui reste modeste).
  • « Sans céréales » : signifie l’absence de blé, maïs, etc., mais ne garantit pas une quantité plus importante de viande – l’apport énergétique provient parfois de pommes de terre, patates douces ou pois à la place.
  • « Naturel », « premium », « vétérinaire » : non encadrés par la loi, ils n’ont pas de valeur officielle. Toujours lire la composition pour vérifier la qualité réelle.
  • « Hypoallergénique » : formule pensée pour limiter certains allergènes (protéines sélectionnées, sans blé, sans bœuf…), mais il reste nécessaire de consulter un vétérinaire en cas d’allergies avérées.

Savoir repérer les additifs : utiles ou superflus ?

La liste des additifs (+ vitamines, oligo-éléments) apparaît en fin d’étiquette. Ils répondent en général à trois fonctions : nutritionnelle, technique (conservation, texture…), sensorielle (goût, couleur).

  • Vitamines et minéraux ajoutés : ils sont indispensables pour garantir l’équilibre, surtout dans les aliments industriels cuits où une partie des micronutriments « naturels » disparaît à la cuisson.
  • Arômes de synthèse et colorants : uniquement pour séduire le propriétaire, pas d’intérêt pour la santé animale. Privilégier les recettes naturelles sans colorant ajouté.
  • Conservateurs : leur utilisation est normale (contre le rancissement des graisses, la préservation des vitamines), mais mieux vaut préférer les conservateurs naturels (tels que tocophérols/vitamine E) aux agents chimiques.

Pièges fréquents à l’achat : comment choisir en supermarché ?

  • La place de la viande : un aliment de qualité mentionne une ou plusieurs sources de protéines animales identifiables en haute position dans la liste d’ingrédients.
  • Le « fractionnement » : la multiplication des sources de céréales (farine de mais, amidon de maïs...) donne parfois une fausse impression d’équilibre, mais aboutit à un aliment majoritairement végétal.
  • Les sous-produits : mieux vaut les éviter s’ils sont présents en trop grande quantité ou non détaillés (« sous-produits animaux » vs « foie de canard », « abats de volaille »).

Un bon réflexe : comparer entre plusieurs marques, analyser les deux ou trois premiers ingrédients, et privilégier la transparence du fabricant.


Quelles différences entre alimentation « vétérinaire » et « grand public » ?

Les aliments vendus chez le vétérinaire ou en animalerie spécialisée peuvent présenter :

  • Des recettes médicalisées (pour pathologies particulières : allergie, diabète, insuffisance rénale…), formulées selon des critères précis, souvent testées cliniquement.
  • Un contrôle qualité plus poussé et une analyse nutritionnelle complète, validée par des experts indépendants.
  • Mais dans certains cas, ils reposent sur une notoriété de marque plus qu’une différence significative : là aussi, la lecture attentive de l’étiquette fait la différence.

Adapter la lecture aux spécificités de chaque animal

Il est essentiel d'ajuster ses critères selon l'espèce, l'âge, le mode de vie ou encore le statut physiologique (animal stérilisé, en croissance, âgé, malade...).

  • Chiens sportifs ou jeunes : nécessité de protéines animales et d’énergie élevées.
  • Chats stérilisés ou sédentaires : moindre besoin calorique, et un bon équilibre minéral pour éviter problèmes urinaires.
  • NAC et petits rongeurs : pour un lapin par exemple, la liste des ingrédients doit mettre en avant le foin, base de l’alimentation, et limiter graines et extrudés parfois trop gras ou sucrés.

Conseils pratiques pour mieux acheter

  1. Prendre son temps pour lire et décrypter, ne pas acheter « à l’aveugle » même si la marque est connue.
  2. Comparer les valeurs analytiques : attention aux taux de protéines trop bas (<25% pour un chat adulte, <22% pour un chien adulte) et aux excès de glucides cachés.
  3. Se méfier des expressions vagues comme « saveur volaille » plutôt que « viande de poulet (30 %) ».
  4. En cas de doute ou de besoin spécifique, demander conseil à son vétérinaire ou à un nutritionniste animalier indépendant.
  5. Reporter toute transition alimentaire sur au moins 5 à 7 jours pour préserver la flore digestive de son compagnon.

En résumé : lire une étiquette, un acte responsable pour la santé de son animal

Comprendre la composition des aliments pour animaux n’est pas un reflexe élitiste : c’est s’assurer que nos compagnons reçoivent une alimentation adaptée à leurs besoins physiologiques, sans superflu ni caché. Loin de se fier aux seules promesses marketing, cela permet :

  • D’anticiper les surcharges ou carences alimentaires.
  • D’éviter les allergies ou intolérances récurrentes.
  • De faire des choix éclairés, adaptés au mode de vie et aux éventuelles pathologies de l’animal.

Un bon maître, c’est aussi celui qui sait ce qu’il met dans la gamelle de son protégé. Car la lecture attentive d’une étiquette, derrière des termes parfois complexes, s’apprend et s’améliore avec la pratique.


Besoin de repères ou de conseils personnalisés ?

N’hésitez jamais à poser toutes vos questions à votre vétérinaire, et à conserver l’emballage de vos aliments pour obtenir une analyse approfondie. Ensemble, vous pourrez construire le menu le plus sain et le plus adapté pour chaque animal de la famille.


La qualité de vie de nos chiens, chats et NAC commence par une alimentation transparente et réfléchie. Un peu de vigilance aujourd’hui, beaucoup de bienfaits demain !
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